Édition du matin
Newsletter Contact

RH NEWS

L'actualité RH datée des professionnels — droit social, économie, paie, restructurations, formation

Recrutements en recul de 6,5 % en 2026, la concurrence entre candidats s’accentue

Par RH News · Publié le juillet 10, 2026

Selon l’enquête « Besoins en main-d’œuvre » (BMO) 2026 publiée le 21 avril 2026 par France Travail, les employeurs français déclarent 2 274 951 projets de recrutement pour l’année en cours, soit une baisse de 6,5 % par rapport à 2025 (environ 158 000 projets en moins). Ce repli, bien que moins marqué que celui de 2025 (−12,5 %), prolonge une tendance baissière engagée depuis 2023. Parallèlement, la proportion de salariés en recherche active de mobilité recule à 38 % en 2026, contre 53 % en 2023 selon Robert Half, signalant une concurrence accrue entre candidats sur un marché qui se resserre.

Ce que disent les données

L’enquête BMO, conduite entre octobre et décembre 2025 auprès de 416 588 établissements, couvre la France métropolitaine et les DOM. Toutes les régions enregistrent un recul des intentions d’embauche : les baisses les plus marquées touchent la Guyane (−12,7 %), l’Île-de-France (−11,8 %) et la Normandie (−9,9 %). À l’inverse, la Bretagne reste quasi stable (−0,1 %). Le repli est essentiellement porté par les grandes entreprises (plus de 200 salariés : −12,8 %), tandis que deux recrutements sur trois proviennent de structures de moins de 50 salariés.

Sur le plan contractuel, les CDD courts deviennent en 2026 le type de contrat le plus fréquent, dépassant le CDI — reflet d’une prudence accrue des employeurs face à un contexte économique incertain, avec une croissance du PIB projetée à +1 % par l’OCDE. La construction enregistre la baisse sectorielle la plus forte, pénalisée par le ralentissement du marché immobilier. Le secteur industriel résiste mieux (−2,4 %), avec un bond notable des industries extractives et énergétiques (+24,8 %).

Côté cadres, l’Apec prévoit un rebond à 305 800 recrutements pour 2026 (+4 % vs 2025), après deux années de contraction. Ce scénario reste conditionné à la stabilité géopolitique : selon le baromètre Apec du 2e trimestre 2026, les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient ont déjà conduit à un fléchissement des intentions d’embauche cadres dans les grandes structures (48 % vs 51 % au 1er trimestre).

Indicateur 2025 2026 Évolution
Projets de recrutement (BMO) 2 432 000 2 275 000 −6,5 %
Projets jugés difficiles 50,1 % 43,8 % −6,3 pts
Recrutements cadres (Apec) 294 500 305 800 (prév.) +4 %
CDD > CDI dans les projets d’embauche Non Oui Inversion
Salariés en mobilité active (Robert Half) ~53 % (2023) 38 % −15 pts (3 ans)
Sources : Enquête BMO 2026, France Travail (21/04/2026) ; Apec, Prévisions de recrutements de cadres 2026 (04/2026) ; Robert Half, enquête salariés mars 2026.

Ce que ça change pour les employeurs

La contraction du volume de postes ouverts modifie l’équilibre entre offre et demande de travail au profit des recruteurs, après plusieurs années de tension. Le taux de difficultés de recrutement revient à 43,8 %, son niveau le plus bas depuis 2022. Dans ce contexte, les entreprises réduisent leur recours aux intermédiaires de recrutement et à l’approche directe (42 %, −5 pts selon l’Apec), et puisent davantage dans les candidatures spontanées. Les grandes entreprises sont 75 % à y recourir (+5 pts). La sélectivité monte : le décalage entre profils reçus et profils recherchés devient la principale difficulté citée par 75 % des recruteurs cadres, devant l’insuffisance de candidatures (73 %).

Pour les directions RH, le glissement vers les CDD courts constitue un signal opérationnel majeur : il implique un suivi renforcé des fins de contrat, une charge administrative accrue et un risque de turn-over structurel à anticiper. Les services à la personne, la santé et le BTP maintiennent des taux de postes difficiles à pourvoir élevés (respectivement 54 % et 65 %), ce qui oblige ces secteurs à conserver des stratégies de sourcing actives malgré le reflux général des tensions.

À surveiller

L’OFCE anticipe, dans ses prévisions d’avril 2026, une progression du chômage de l’ordre de 148 000 personnes d’ici fin 2027, portant le taux à 8,3 % — scénario qui diverge de celui de l’INSEE (quasi-stabilité). Le chômage des jeunes, à 18,8 % au 3e trimestre 2025, pourrait s’aggraver en cas de poursuite du recul de l’apprentissage. Du côté cadres, le baromètre Apec du 2e trimestre 2026 note que seulement 57 % des entreprises disposent d’une visibilité suffisante sur leur activité à court terme (−7 pts en trois mois), ce qui fragilise tout scénario de reprise rapide des embauches. La publication des données DARES sur l’emploi salarié au 2e trimestre 2026 permettra de confirmer ou d’infirmer ce diagnostic.

Articles connexes

Brèves récentes