Les montants versés aux salariés au titre de l’épargne salariale ont poursuivi leur progression en 2024, selon une étude de la Dares publiée le 10 juin 2026. Dans le secteur privé non agricole, 54 % des salariés, soit 10,6 millions de personnes, étaient couverts par au moins un dispositif de participation, d’intéressement ou de plan d’épargne — un gain de 1,8 point par rapport à 2023 (52,2 %). Dans le détail, 9 millions de salariés, soit 46 % des effectifs du privé, ont effectivement perçu une prime au titre de l’un de ces dispositifs au cours de l’année.

Ce que dit l’étude
La participation aux résultats, obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés, a concerné 5,8 millions de bénéficiaires pour 11,4 milliards d’euros bruts distribués, soit 4,4 % de leur masse salariale — un montant stable par rapport à 2023. L’intéressement, facultatif et plus flexible, progresse davantage : 5,6 millions de bénéficiaires pour 11,9 milliards d’euros bruts, en hausse de 2,7 % sur un an.
Sur ces sommes, les salariés n’ont pas tous fait le même choix de placement. 4,1 milliards d’euros ont été perçus immédiatement en espèces, 2,2 milliards ont été versés sur un plan d’épargne entreprise (PEE) et 0,9 milliard sur un plan d’épargne retraite collectif (Perco ou Pereco). Le PEE reste, parmi les salariés couverts, le dispositif le plus répandu : il concerne 45,4 % d’entre eux.
| Dispositif | Bénéficiaires 2024 | Montant versé | Évolution vs 2023 |
|---|---|---|---|
| Participation | 5,8 millions | 11,4 Md€ bruts | Stable |
| Intéressement | 5,6 millions | 11,9 Md€ bruts | +2,7 % |
| Dont versé en espèces | — | 4,1 Md€ | — |
| Dont versé sur un PEE | — | 2,2 Md€ | — |
| Dont versé sur un Perco/Pereco | — | 0,9 Md€ | — |
Ce que ça change pour les employeurs
Pour les services paie et RH, cette progression confirme une tendance de fond plutôt qu’une rupture : la participation reste un poste stable à budgéter chaque année dans les entreprises d’au moins 50 salariés, tandis que l’intéressement continue de gagner du terrain comme levier de rémunération variable collective, plus simple à ajuster aux résultats de l’année que la formule légale de participation.
La hausse de 1,8 point du taux de couverture global s’inscrit dans le prolongement de l’obligation de partage de la valeur étendue aux entreprises de 11 à 49 salariés réalisant un bénéfice net positif sur trois exercices consécutifs, entrée en vigueur en 2025. Les DRH et responsables paie de ce segment d’entreprises, jusque-là peu équipées, doivent continuer d’arbitrer entre les dispositifs ouverts par la loi (intéressement, participation volontaire ou prime de partage de la valeur) et sécuriser leur accord auprès de l’inspection du travail ou d’un organisme habilité. Cette progression du nombre de bénéficiaires fait écho au niveau record de la prime de partage du profit versée en 2025 par les grandes entreprises du SBF 120, où la dynamique est plus marquée encore que dans le reste du tissu économique.
À surveiller
La répartition entre versement immédiat en espèces et placement sur un plan d’épargne (PEE ou Perco/Pereco) reste un indicateur à suivre : avec 4,1 milliards d’euros perçus cash contre 3,1 milliards orientés vers l’épargne, une majorité des sommes disponibles échappe encore à la logique de long terme que ces dispositifs sont censés encourager. Les prochaines données, portant sur l’exercice 2025, sont attendues mi-2027 et permettront de mesurer si l’extension aux PME de 11 à 49 salariés a réellement fait progresser le taux de couverture dans ce segment d’entreprises.



