Paris, le 16 juin 2026. France Assureurs et quatre organisations syndicales — CFDT, CFE-CGC, UNSA, CFTC — ont signé le 10 juin trois accords de branche revalorisant les rémunérations minimales annuelles (RMA) des trois conventions collectives du secteur de l’assurance. Les hausses, applicables rétroactivement au 1er janvier 2026, s’échelonnent de 0,4 % à 2 % selon les classes. Force ouvrière n’est pas signataire.
Une revalorisation différenciée selon les classes
Les trois accords retiennent une grille de hausses dégressives, qui privilégie nettement les rémunérations les plus basses. La revalorisation atteint son maximum sur les premières classes et diminue à mesure que l’on remonte la hiérarchie conventionnelle.
| Classe / niveau | Catégorie de personnel | Revalorisation au 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| Classes 1, 2 et 3 | Administratifs | + 2,0 % |
| Niveaux I et II | Commerciaux non-cadres | + 2,0 % |
| Classe 4 | Administratifs | + 1,4 % |
| Classes 5 et 6 | Administratifs et inspecteurs | + 0,8 % |
| Classe 7 | Administratifs et inspecteurs | + 0,4 % |
Les services paie devront veiller à comparer chaque RMA recalculée au SMIC porté à 12,31 € de l’heure depuis le 1er juin 2026 : pour les salariés de la classe 1, le SMIC mensuel brut (1 868,42 € pour 35 heures) peut dépasser le minimum conventionnel et devra s’y substituer.
Trois conventions collectives, un même calendrier
Les accords couvrent l’intégralité du périmètre conventionnel de la branche, soit les trois textes qui en structurent l’organisation salariale :
- la convention collective nationale des sociétés d’assurances du 27 mai 1992 (IDCC 1672), qui couvre les personnels administratifs et commerciaux des compagnies ;
- la convention collective nationale de l’inspection d’assurance du 27 juillet 1992 (IDCC 1679), qui s’applique aux inspecteurs salariés du réseau commercial ;
- la convention collective nationale du personnel des agences générales d’assurances du 2 juin 2003 (IDCC 2335).
La signature simultanée des trois textes harmonise le calendrier de revalorisation sur l’ensemble du secteur, qui emploie plus de 150 000 salariés en France selon les données de la branche.
Effet rétroactif au 1er janvier 2026
Les accords s’appliquent rétroactivement au 1er janvier 2026. Pour les employeurs, cela implique le versement d’un rappel de salaire couvrant la période janvier-juin, à régulariser dès que l’extension ministérielle des accords sera publiée au Bulletin officiel Conventions collectives. Aucune date d’extension n’a été communiquée à ce stade.
Les revalorisations sont par ailleurs cumulables avec les politiques salariales d’entreprise négociées dans le cadre des NAO 2026, et n’emportent aucune modification automatique des grilles d’entreprise au-delà des minima.
Dialogue social préservé, FO non signataire
« Cette année encore, nous pouvons nous féliciter de la signature » de ces accords, a déclaré Florence Lustman, présidente de France Assureurs, dans le communiqué officiel diffusé le 12 juin. La fédération patronale met en avant la « robustesse » du dialogue social dans la branche, qui parvient à signer une revalorisation annuelle des minima depuis plusieurs exercices consécutifs.
Force ouvrière (FO) ne figure pas parmi les signataires. La centrale, qui contestait l’an dernier l’érosion du pouvoir d’achat dans le secteur, n’a pas communiqué publiquement sur sa position à l’égard des accords 2026 à la date de publication.
Volet égalité salariale femmes-hommes
Les trois textes « réaffirment l’engagement ferme des employeurs et des partenaires sociaux en faveur de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes », précise France Assureurs. Le secteur de l’assurance, qui compte une majorité de salariées, est soumis aux obligations renforcées de transparence salariale issues de la directive européenne 2023/970, en cours de transposition en droit français.


