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Emploi salarié privé : sixième trimestre de baisse sur un an, l’intérim recule

Par Sarah Kessler · Publié le août 25, 2026

Illustration Économie & emploi — deux manutentionnaires de dos dans l'allée d'un entrepôt logistique en activité, lumière chaude du matin — image générée par IA
Illustration générée par IA — RH News

L’emploi salarié du secteur privé reste quasi stable au deuxième trimestre 2026 : -0,1 %, soit -19 300 postes, un rythme identique à celui du trimestre précédent, a détaillé l’Insee dans son estimation flash du 30 juillet (Informations rapides n° 186), élaborée avec la Dares et l’Urssaf. Sur un an, le repli atteint 0,4 % (-79 700 emplois) — un sixième trimestre consécutif de baisse en glissement annuel. L’intérim, indicateur avancé du cycle économique, accélère sa chute à -1,4 % (-9 700 emplois), contre -0,4 % (-3 000) le trimestre précédent.

−0,4 % : emploi salarié privé, glissement annuel au 2e trimestre 2026
Illustration générée par IA — RH News, données : Insee (Informations rapides n° 186, 30 juillet 2026).

Le détail par secteur

La dégradation touche l’ensemble de l’appareil productif marchand. L’industrie perd 3 200 emplois (-0,1 %), la construction 6 100 (-0,4 %) et l’agriculture 2 500 (-0,8 %). Le tertiaire marchand hors intérim reste quasi stable. Seul le tertiaire non marchand — associations, secteur médico-social, organismes assimilés — progresse, avec 2 100 emplois créés (+0,1 %). Le trimestre précédent (T1 2026) avait déjà affiché un repli identique de 0,1 %, avec 13 900 emplois perdus — un signal de stabilisation dans la dégradation plutôt que d’accélération brutale, à l’exception notable de l’intérim. Cette publication précise, côté offre d’emploi, le contexte déjà éclairé début août par la publication du taux de chômage BIT à 8,3 %, plus haut niveau depuis 2020 : c’est le même trimestre observé, cette fois du point de vue des employeurs plutôt que de la population active.

Secteur (T2 2026) Emplois Variation trimestrielle
Ensemble secteur privé -19 300 -0,1 %
Intérim -9 700 -1,4 %
Industrie -3 200 -0,1 %
Construction -6 100 -0,4 %
Agriculture -2 500 -0,8 %
Tertiaire non marchand +2 100 +0,1 %
Source : Insee, estimations d’emploi salarié, Informations rapides n° 186 du 30 juillet 2026.

Ce que ça change pour les employeurs

Pour les entreprises industrielles et du BTP, la baisse confirme un attentisme sur l’embauche, cohérent avec les 800 départs volontaires signés cet été dans l’ingénierie automobile et plusieurs restructurations en cours dans l’industrie. Le repli de l’intérim — souvent le premier contrat ajusté en cas de ralentissement — traduit cette prudence des directions RH avant tout recrutement pérenne : la fédération Prism’emploi avait déjà pointé, pour 2025, une nouvelle baisse du secteur avant une stabilisation en toute fin d’année. À l’inverse, l’emploi non marchand continue de créer des postes, un mouvement à surveiller pour les employeurs associatifs et médico-sociaux déjà en tension de recrutement sur certains métiers. Pour les DRH qui recrutent malgré ce climat, la baisse de l’emploi salarié marchand se traduit mécaniquement par des viviers de candidats plus fournis, en cohérence avec la hausse de 0,8 % des inscrits à France Travail en catégorie A observée sur le même trimestre.

À surveiller

L’Insee doit publier le 28 août ses estimations détaillées d’emploi, incluant cette fois le secteur public et les non-salariés, qui préciseront l’ampleur réelle du retournement du marché du travail. Cette dégradation de l’emploi salarié marchand s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu pour l’assurance chômage, dont l’Unédic a alerté Matignon début août sur l’état de ses comptes. Un chômage en hausse et une création d’emplois marchands atone, dans un climat de plans sociaux industriels, pourraient peser sur les arbitrages du budget 2027 — en particulier sur l’ampleur des exonérations de cotisations patronales, déjà au cœur du bras de fer entre l’État et les partenaires sociaux. La prochaine estimation du baromètre Prism’emploi, attendue début septembre, permettra de vérifier si l’intérim confirme son repli de l’été ou amorce une stabilisation comparable à celle observée fin 2025.

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