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Demandeurs d’emploi : la catégorie A augmente de 0,9 % au 3e trimestre 2026, +0,3 % hors effet de la réforme

Par Sarah Kessler · Publié le 30 octobre 2026

Deux personnes marchent vers leur travail sur un trottoir mouillé, un matin gris d'automne en ville
Illustration générée par IA — RH News

France Travail et la Dares ont publié le 28 octobre 2026 les statistiques du marché du travail pour le troisième trimestre. Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) s’établit en moyenne à 3 353 400 personnes en France hors Mayotte, en hausse de 0,9 % (+30 400) sur le trimestre et de 2,1 % sur un an. Hors publics inscrits automatiquement depuis janvier 2025 (bénéficiaires du RSA, jeunes en parcours), la progression se limite à 0,3 % sur le trimestre. Le ministère du Travail a indiqué que ces évolutions, affectées par la loi pour le plein emploi, « ne reflètent donc pas des évolutions conjoncturelles ».

+0,9 % : hausse des demandeurs d'emploi en catégorie A au 3e trimestre 2026
Illustration générée par IA — RH News, données : France Travail – Dares, STMT, Dares Indicateurs n° 47, octobre 2026.

Ce que disent les chiffres

Toutes catégories tenues de rechercher un emploi confondues (A, B et C), France Travail compte 5 847 500 inscrits au troisième trimestre 2026, soit +0,8 % (+46 000) sur le trimestre et +2,4 % sur un an. L’activité réduite courte (catégorie B) recule de 0,6 %, tandis que l’activité réduite longue (catégorie C) progresse de 1,3 %. Les deux catégories créées en janvier 2025 comptent 597 000 personnes en parcours social (catégorie F) et 386 100 en attente d’orientation (catégorie G), en données brutes.

Comme au deuxième trimestre, la Dares publie des séries complémentaires pour neutraliser l’inscription systématique des nouveaux publics prévue par la loi pour le plein emploi. Sur ce champ, la catégorie A augmente de 0,3 % sur le trimestre et de 0,9 % sur un an. Corrigée en outre des effets du décret sanction de juin 2025, qui place une suspension-remobilisation en amont de toute radiation, la hausse annuelle tombe à 0,6 % (+15 000 inscrits). Les sorties par radiation ne sont plus que 4 300 en moyenne au trimestre, contre 45 000 au premier trimestre 2025.

Indicateur (T3 2026, France hors Mayotte) Niveau Sur le trimestre Sur un an
Catégorie A (sans activité) 3 353 400 +0,9 % (+30 400) +2,1 %
Catégorie A hors RSA et jeunes en parcours — +0,3 % +0,9 %
Catégorie A hors RSA, corrigée du décret sanction — — +0,6 % (+15 000)
Catégories A, B, C 5 847 500 +0,8 % (+46 000) +2,4 %
Catégories A, B, C, D, E 6 587 600 +0,8 % (+55 200) +2,0 %
Inscrits en A, B, C depuis un an ou plus 2 734 900 +1,4 % +8,4 %
Source : France Travail – Dares, « Les inscrits à France Travail au 3e trimestre 2026 », Dares Indicateurs n° 47, publié le 28 octobre 2026. Données CVS-CJO.

Jeunes en hausse, seniors stables, ancienneté record

La hausse trimestrielle de la catégorie A est portée par les moins de 25 ans (+2,4 %, +2,0 % sur un an) et les 25-49 ans (+1,0 %, +3,5 % sur un an). Les 50 ans et plus sont stables (−0,1 % sur le trimestre, −0,8 % sur un an). La Dares signale que 30 % des jeunes de moins de 25 ans inscrits le sont désormais via une mission locale, contre 25 % un an plus tôt, ce qui conduit les séries complémentaires à sous-estimer la tendance.

L’ancienneté sur les listes continue de s’allonger. Les demandeurs d’emploi en catégories A, B, C inscrits depuis un an ou plus sont 2 734 900, en hausse de 8,4 % sur un an, et représentent 46,8 % des inscrits (+2,6 points sur un an). L’ancienneté moyenne atteint 633 jours, deux jours de plus qu’au trimestre précédent.

Ce que ça change pour les employeurs

Les flux d’entrées donnent une lecture plus directe des ruptures de contrat. Les inscriptions pour fin de contrat atteignent 100 400 par mois en moyenne (+13,4 % sur le trimestre), celles pour licenciement économique 11 300 (+6,6 %), celles pour rupture conventionnelle 36 400 (+1,7 %). Les premières entrées sur le marché du travail progressent de 17,4 % (20 900), ce qui recoupe la hausse des jeunes inscrits. Côté sorties, les reprises d’emploi déclarées reculent de 6,3 % (71 600), tandis que les entrées en stage ou formation augmentent de 14,3 % (54 500). La Dares avertit toutefois qu’une modification du script d’inscription en juillet 2025 rend les évolutions des entrées par motif difficiles à interpréter.

Pour les directions RH, le tableau est celui d’un marché du travail qui se détend lentement plutôt que d’un décrochage : la série corrigée progresse de 0,3 % sur le trimestre, en cohérence avec la baisse de l’emploi salarié privé sur un an et le taux de chômage de 8,3 % mesuré par l’Insee au deuxième trimestre. Le vivier de candidats s’élargit surtout chez les moins de 25 ans et les profils en recherche depuis plus d’un an, deux populations éligibles à des dispositifs d’aide à l’embauche ou de formation préalable. Les 50 ans et plus, eux, ne contribuent pas à la hausse.

À surveiller

L’Insee publiera mi-novembre le taux de chômage au sens du BIT pour le troisième trimestre, seule mesure comparable au niveau international. France Travail et la Dares diffuseront les chiffres du quatrième trimestre le 28 janvier 2027. La période de transition statistique liée à la loi pour le plein emploi court jusqu’en 2027 : d’ici là, la comparaison avec les années antérieures reste à manier avec prudence, et RH News continuera de présenter les séries brutes et corrigées côte à côte.

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