Les intentions de recrutement de cadres se contractent au troisième trimestre 2026, selon le baromètre publié le 25 août par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Sur l’ensemble des entreprises, 7 % déclarent vouloir embaucher au moins un cadre sur la période, un niveau que l’Apec qualifie de plus bas observé ces dernières années. Chez les grandes structures, la proportion recule à 42 %, contre 48 % au trimestre précédent et 45 % un an plus tôt à la même période. L’étude repose sur deux enquêtes menées en juin auprès de 1 000 entreprises et 2 000 cadres.
Le mécanisme
Le baromètre Apec mesure des intentions déclaratives de recrutement, recueillies via deux enquêtes menées en juin 2026, et non des embauches déjà réalisées. Les grandes entreprises, qui concentrent l’essentiel des créations de postes cadres, forment l’indicateur le plus suivi : leur score de 42 % pour le troisième trimestre constitue le niveau le plus bas enregistré depuis la création de cette mesure en 2020, contre 48 % au trimestre précédent et 45 % un an plus tôt à la même période.
L’Apec attribue ce repli à un manque de visibilité sur l’activité, amplifié par le contexte international, notamment les tensions au Moyen-Orient, qui pousse les directions à différer leurs décisions. Certains secteurs échappent à la tendance : l’industrie, en particulier l’aéronautique et la construction navale, affiche des intentions en hausse de 2 points sur un an. Côté cadres, l’enquête relève une inquiétude accrue pour la stabilité de leur propre poste et un moindre appétit pour la mobilité externe à court terme.
| Période d’enquête | Part d’entreprises prêtes à recruter un cadre | Repère |
|---|---|---|
| T2 2026 (enquête mars 2026) | 48 % | Trimestre précédent, grandes entreprises |
| T3 2025 (enquête juin 2025) | 45 % | Comparaison à un an d’écart, grandes entreprises |
| T3 2026 (enquête juin 2026) | 42 % | Plus bas niveau depuis la création de l’indicateur en 2020, grandes entreprises |
| T3 2026, toutes tailles | 7 % | Ensemble des entreprises envisageant au moins une embauche de cadre |
Ce que ça change pour les employeurs
Pour les directions des ressources humaines, ce repli confirme un climat d’attentisme déjà perceptible depuis le début de l’année sur les recrutements de cadres. Les grandes entreprises, plus exposées aux arbitrages budgétaires et aux cycles d’investissement, ajustent leurs plans de recrutement au trimestre plutôt qu’à l’année, ce qui complique la planification des effectifs et des campagnes de sourcing.
Les fonctions RH doivent aussi composer avec des candidats cadres eux-mêmes plus prudents, moins enclins à quitter un poste jugé sûr, ce qui peut allonger les délais de recrutement sur les profils encore recherchés, notamment en informatique, R&D et ingénierie. Les secteurs en tension inversée, comme l’aéronautique, restent en revanche confrontés à des difficultés de recrutement classiques malgré le ralentissement général observé ailleurs.
À surveiller
L’Apec maintient pour l’instant sa prévision annuelle de plus de 300 000 recrutements de cadres en 2026, formulée en début d’année, et sa direction générale a indiqué que le repli du troisième trimestre ne remet pas en cause l’hypothèse d’une inflexion à la hausse sur l’ensemble de l’exercice. Le prochain baromètre, attendu pour le quatrième trimestre, permettra de vérifier si ce ralentissement s’installe ou reste conjoncturel. Les cabinets de conseil en recrutement, dont Robert Walters, tablent de leur côté sur un rééquilibrage progressif du marché porté par les services à forte valeur ajoutée.


