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Chômage : le taux atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, au plus haut depuis 2020

Par Sarah Kessler · Publié le août 12, 2026

Une rangée de sièges d'attente vides dans le hall d'accueil désert d'un bâtiment administratif, lumière froide
Illustration générée par IA — RH News

Le chômage repart nettement à la hausse. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) s’est établi à 8,3 % de la population active en France (hors Mayotte), en progression de 0,2 point sur le trimestre, a indiqué l’Insee le 7 août. C’est son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020, période marquée par la crise sanitaire ; hors cet épisode, il faut remonter à 2019 pour retrouver un taux aussi élevé. Sur un an, la hausse atteint 0,7 point.

8,3 % : le taux de chômage au sens du BIT au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point
Illustration générée par IA — RH News, données : INSEE (enquête Emploi, 7 août 2026).

Ce que disent les chiffres

La France comptait 2,7 millions de chômeurs au sens du BIT au deuxième trimestre, soit 62 000 de plus qu’au trimestre précédent. La dégradation touche toutes les classes d’âge, mais frappe surtout les jeunes : le taux de chômage des 15-24 ans grimpe à 21,6 % (+0,4 point sur le trimestre, +2,5 points sur un an). Celui des 25-49 ans atteint 7,5 %, celui des 50 ans et plus 5,5 %. Le chômage de longue durée concerne désormais 2,1 % de la population active, soit 671 000 personnes. Dans le même temps, le taux d’emploi des 15-64 ans recule de 0,3 point, à 69,0 %, et le halo autour du chômage — les personnes souhaitant travailler mais non comptabilisées faute de recherche active ou de disponibilité immédiate — reste élevé, à 1,9 million.

Taux de chômage BIT (T2 2026) Niveau Variation / trimestre
Ensemble (15 ans et +) 8,3 % +0,2 pt
15-24 ans 21,6 % +0,4 pt
25-49 ans 7,5 % +0,2 pt
50 ans et plus 5,5 % +0,3 pt
Chômage de longue durée 2,1 % (671 000 pers.) +0,4 pt / an
Source : Insee, enquête Emploi, Informations rapides du 7 août 2026.

Ce que ça change pour les employeurs

Pour les directions RH, la remontée du chômage traduit un marché du travail qui se détend après plusieurs années de tensions de recrutement. La demande d’emploi s’étoffe : les inscrits à France Travail en catégorie A ont eux aussi augmenté de 0,8 % sur le trimestre selon la Dares — hausse ramenée à −0,2 % une fois neutralisés les effets des réformes d’inscription. Côté offre, l’emploi salarié privé a reculé de 0,1 % (−19 300 postes) sur la même période, l’intérim — baromètre avancé du cycle — cédant 1,4 %. Concrètement, les employeurs qui recrutent retrouvent des viviers de candidats plus fournis, en particulier sur les profils juniors, dont le taux de chômage dépasse 21 %. La contrepartie : un climat social plus prudent et une baisse de la mobilité volontaire, la crainte du chômage freinant les départs.

À surveiller

L’Insee publiera le 28 août ses estimations détaillées d’emploi, intégrant le secteur public et les non-salariés, qui préciseront l’ampleur du retournement. La trajectoire du second semestre dépendra de la conjoncture — investissement des entreprises, effets des plans sociaux annoncés dans l’industrie et les services numériques — et des arbitrages budgétaires de l’automne. En toile de fond, le financement de l’assurance chômage : l’Unédic a déjà alerté sur l’état de ses comptes. Une hausse durable du chômage rouvrirait le débat, sensible, sur les règles d’indemnisation.

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