Un nouveau module de formation consacré à l’endométriose a été annoncé pour les professionnels de santé au travail, selon actuel-rh.fr le 8 septembre 2026. Ce dispositif vise les médecins du travail, les infirmiers en santé au travail et les intervenants en prévention des risques professionnels chargés du suivi des salariées touchées par cette pathologie gynécologique chronique. L’organisme porteur et le contenu détaillé du module n’ont pas été précisés dans l’annonce ; ils devraient être communiqués dans les prochains jours par les acteurs concernés. L’initiative s’inscrit dans le prolongement de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, engagée par les pouvoirs publics depuis 2022.
Le mécanisme
La stratégie nationale contre l’endométriose associe un volet sanitaire, porté par le ministère chargé de la Santé, et un volet emploi, piloté avec la direction générale du Travail. Ce second volet vise à mieux outiller les professionnels de santé au travail et les ressources humaines pour repérer les situations à risque de désinsertion professionnelle et proposer des aménagements adaptés.
Le médecin du travail reste le point d’entrée pour la salariée concernée : il peut préconiser par écrit des mesures individuelles d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste. L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a publié en mars 2024 un guide de référence, « Endométriose et travail : comprendre et agir », accompagné d’un quiz de sensibilisation et d’une affiche destinés aux entreprises. L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) propose par ailleurs des stages de développement professionnel continu pour les médecins du travail sur le repérage et la prévention des risques liés aux pathologies chroniques.
Chiffres-clés
- Environ 10 % des femmes en âge de procréer seraient concernées par l’endométriose, selon le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités
- Guide Anact « Endométriose et travail : comprendre et agir » diffusé depuis mars 2024, avec quiz et affiche de sensibilisation
- Stratégie nationale de lutte contre l’endométriose engagée en 2022, avec un volet formation des professionnels de santé au travail et des RH
- L’INRS propose des stages DPC dédiés aux médecins du travail sur la prévention des risques professionnels
Ce que ça change pour les employeurs
Pour les directions des ressources humaines, ce module renforce un axe déjà identifié par l’Anact : la coordination entre le service de santé au travail, la ligne managériale et la fonction RH autour des salariées concernées. Un repérage plus précoce par un médecin du travail mieux formé peut se traduire par davantage de préconisations d’aménagement de poste, d’horaires ou de télétravail inscrites dans les fiches d’aptitude, ainsi que par un recours plus fréquent à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) lorsque la situation le justifie.
Les services paie et juridique peuvent être sollicités en aval, pour la gestion des arrêts de travail répétés et des demandes d’aménagement. Les guides Anact recommandent également une sensibilisation des managers de proximité, au-delà du seul service de santé au travail, pour limiter les sorties d’emploi liées à la maladie.
À surveiller
Les modalités précises du module — organisme porteur, public visé, calendrier de déploiement — restent à confirmer. La Fédération Chimie Énergie CFDT a déjà pris position sur le sujet en articulant santé au travail et égalité professionnelle, signe d’un suivi syndical du dossier. Le volet emploi de la stratégie nationale contre l’endométriose, engagée en 2022, doit encore démontrer sa diffusion effective auprès des services de santé au travail interentreprises, dont la couverture reste variable selon les bassins d’emploi.


