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CPF : le prix moyen des formations financées atteint 1 785 € en 2025

Par Sarah Kessler · Publié le juillet 17, 2026

Salle de formation professionnelle vide — illustration générée par IA
Illustration générée par IA — RH News

Se former via son compte personnel de formation (CPF) coûte plus cher, mais moins de personnes s’y engagent. En 2025, le prix moyen d’une formation financée par le CPF a atteint 1 785 euros, en hausse de 3,8 % sur un an, tandis que le nombre d’entrées reculait de 11 %, à 1 226 000. C’est ce qui ressort de deux études publiées le 9 juillet 2026 par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, et par la Caisse des dépôts, gestionnaire de Mon Compte Formation.

1 785 euros, prix moyen d'une formation CPF en 2025 (+3,8 %)
Illustration générée par IA — RH News, données : Dares / Caisse des dépôts, 9 juillet 2026.

Ce que disent les études

Les deux publications, parues le même jour, dressent un constat convergent. Côté volumes, la Dares recense 1 226 000 formations entrées dans le cadre du CPF en 2025, contre 1 387 500 en 2024, soit un repli de 11 %. Côté tarifs, le prix moyen d’une formation financée progresse de 3,8 %, à 1 785 euros. Cette moyenne recouvre un écart selon le public : elle s’établit à 1 883 euros pour les actifs occupés et à 1 648 euros pour les demandeurs d’emploi.

La baisse des volumes est particulièrement marquée sur un segment. Le financement des permis moto, catégories A1 et A2, s’est effondré de 94 % en un an, passant de 130 200 à 7 800 entrées. Depuis le 19 mai 2024, un titulaire du permis auto ne peut plus financer un permis moto via son CPF, et inversement : cette restriction a vidé le poste le plus volumineux du dispositif. Le CPF demeure, avec le récent passeport de compétences, l’un des services phares de Mon Compte Formation.

Indicateur (2025) Valeur Évolution sur un an
Formations financées 1 226 000 −11 %
Prix moyen d’une formation 1 785 € +3,8 %
Prix moyen — actifs occupés 1 883 €
Prix moyen — demandeurs d’emploi 1 648 €
Permis moto (A1/A2) financés 7 800 −94 %

Pourquoi les prix montent quand les volumes baissent

La divergence entre tarifs et volumes tient largement à un mécanisme entré en vigueur en 2024 : le reste à charge. Depuis le 2 mai 2024, la mobilisation du CPF est conditionnée au paiement d’une participation forfaitaire obligatoire. Fixée initialement à 100 euros, elle a été portée à 150 euros depuis le 1er avril 2026. En sont dispensés les demandeurs d’emploi et les salariés dont la formation est cofinancée par l’employeur ou un opérateur de compétences (OPCO).

Ce ticket d’entrée a d’abord découragé les formations les moins onéreuses et les plus grand public, à commencer par le permis. En sortant du financement les parcours à bas coût, il tire mécaniquement vers le haut le prix moyen des formations qui subsistent : un effet de composition, auquel s’ajoute l’inflation propre aux tarifs pratiqués par les organismes. La hausse de 3,8 % ne traduit donc pas seulement un renchérissement des prestations, mais aussi la disparition des dossiers les plus modestes.

Ce que ça change pour les employeurs

Pour les directions des ressources humaines, ces chiffres confirment que le CPF, conçu comme un droit individuel, est devenu un point d’articulation avec la politique de formation de l’entreprise. Le cofinancement par l’employeur ou l’OPCO exonère le salarié du reste à charge : il constitue donc un levier pour maintenir l’accès à la formation malgré le ticket d’entrée, tout en orientant les départs vers des parcours jugés utiles à l’organisation.

La hausse du coût unitaire invite par ailleurs à surveiller les enveloppes. À budget constant, un prix moyen plus élevé réduit le nombre de salariés formés. La négociation des tarifs avec les organismes, le recours aux abondements et l’articulation du CPF avec le plan de développement des compétences deviennent des arbitrages plus sensibles qu’auparavant, en particulier dans les TPE et PME dont les marges de manœuvre budgétaires sont plus étroites.

À surveiller

L’effet plein du reste à charge relevé à 150 euros ne se lira que sur les données 2026 : il pourrait accentuer à la fois le recul des entrées et la sélection par le prix. Le débat sur le pilotage financier du CPF, dont le déficit a motivé ces mesures de régulation successives, n’est pas clos. Les prochains indicateurs de la Dares et de la Caisse des dépôts diront si la contraction des volumes se stabilise ou si le dispositif poursuit son repli.

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