Édition du matin
Agenda Newsletter Contact

RH NEWS

L'actualité RH datée des professionnels — droit social, économie, paie, restructurations, formation

,

Présentéisme : ce que le seul taux d’absentéisme ne dit pas (05/10/2026)

Par RH News · Publié le 6 octobre 2026

Dans une chronique publiée le 5 octobre 2026 sur Actuel RH, Geoffrey Fournier, président du cabinet Victoriam RH, invite les directions des ressources humaines à ne pas réduire la santé des organisations au seul taux d’absentéisme. Son constat : un salarié présent à son poste n’est pas nécessairement en pleine capacité de travail. Fatigue, épuisement, fragilisation psychologique peuvent se cacher derrière une présence administrative continue — un phénomène désigné sous le terme de présentéisme, qui échappe aux tableaux de bord RH classiques.

Ce que dit le texte

L’absentéisme reste, selon l’auteur, un indicateur « objectivable » : il a une date, une durée, une fréquence, et un coût de remplacement identifiable. Le présentéisme se situe dans une zone plus difficile à mesurer, puisqu’il porte sur une capacité de travail dégradée chez un salarié pourtant présent.

Geoffrey Fournier pose une distinction importante : présentéisme et désengagement ne sont pas synonymes. Un salarié très engagé peut continuer à travailler alors que son état de santé devrait le conduire à s’arrêter. L’enjeu n’est donc pas, selon lui, de mesurer la productivité individuelle des salariés présents, mais d’analyser les conditions dans lesquelles ils continuent d’exercer leur activité avec des ressources dégradées.

Indicateur Poids Évolution
Présentéisme 61 % du coût de la santé au travail estimé à 14 Md€ par an
Absentéisme 39 % du coût de la santé au travail taux à 4,3 % en 2025, +25,5 % depuis 2019
Arrêts de plus de 60 jours 9,4 % des arrêts 63,8 % des journées d’absence
Troubles psychologiques 1re cause des arrêts longs 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours
Sources : INRS, baromètre Malakoff Humanis 2026.

Ce que ça change pour les employeurs

Pour les DRH, cette approche suppose de compléter le suivi du taux d’absentéisme — déjà renforcé côté contrôle des arrêts de travail, comme le rappelle notre point sur l’absentéisme salarié et le contrôle renforcé dès 2026 — par une lecture qualitative du travail réel : charge perçue, conditions managériales, signaux de fatigue chronique. Les services de santé au travail et les acteurs du dialogue social sont concernés au même titre que les juristes en droit social, le présentéisme pouvant interagir avec les obligations de prévention des risques psychosociaux.

Les baromètres sectoriels confirment la tendance : les troubles psychologiques sont devenus la première cause des arrêts de longue durée, et le présentéisme représenterait un coût supérieur à celui de l’absentéisme déclaré. Pour les équipes paie et RH ops, l’enjeu est d’enrichir le suivi au-delà du seul taux d’absence, sans transformer la démarche en outil de surveillance individuelle des salariés présents.

À surveiller

Geoffrey Fournier ne propose pas de nouvel indicateur de mesure du présentéisme, jugeant le risque de dérive vers un contrôle de la productivité individuelle. Le débat se recentre donc sur l’analyse du travail plutôt que sur sa quantification. Les partenaires sociaux et les services de prévention des risques professionnels devraient continuer à alimenter cette réflexion, alors que les données 2026 de Malakoff Humanis pointent une hausse continue des arrêts liés à la santé mentale. La question de la responsabilité de l’employeur face à un présentéisme identifié mais non mesuré pourrait se poser avec plus de force dans les prochains mois.

Articles connexes

Brèves récentes