Saint-Gobain Distribution Bâtiment France fait produire des vidéos de recrutement par ses propres collaborateurs. Laetitia Sylvestre, qui pilote l’attractivité et la communication RH, présente la démarche dans un épisode de podcast RH publié le 28 octobre 2026. Le dispositif, baptisé DistriStories, concerne un périmètre de 22 000 salariés en France.
Le mécanisme
Le groupe rassemble des enseignes comme POINT.P et La Plateforme du Bâtiment. Les métiers y sont variés (vendeurs, commerciaux, logisticiens, chauffeurs) et les équipes dispersées. La responsable s’appuie sur une communauté d’environ 150 professionnels RH et sur les équipes communication des enseignes.
La démarche a évolué par étapes. Elle a d’abord pris la forme de websérie : un ambassadeur interrogeait ses collègues à partir d’une trame d’interview, sans texte à réciter. Le dispositif s’est ensuite ouvert à des salariés qui filmaient déjà leur quotidien sur Instagram ou TikTok. Il s’agit désormais de repérer ces initiatives et d’accompagner leurs auteurs.
Chiffres-clés
- 22 000 collaborateurs en France concernés
- Environ 150 professionnels RH mobilisés comme relais
- Étapes : ambassadeurs accompagnés, puis contenus créés par les salariés (DistriStories)
- Diffusion sur les réseaux personnels des salariés
Ce que ça change pour les employeurs
Confier la caméra aux salariés suppose de cadrer la prise de parole. La CNIL rappelle, à propos des photos dans l’annuaire du personnel, que l’accord du salarié doit être clair et sans ambiguïté, et recommande un écrit pour en délimiter la portée. Elle rattache le droit à l’image à l’article 9 du code civil, distinct du RGPD. Une vidéo reprise sur les canaux de l’entreprise exige donc une autorisation précise sur l’usage et la durée. Les extraits disponibles du podcast ne détaillent pas le cadre contractuel retenu par le groupe.
L’enjeu s’inscrit dans un secteur qui peine à recruter. La FDMC et Constructys ont annoncé en avril 2026 des partenariats avec l’Onisep et My Job Glasses pour faire connaître les métiers de la distribution de matériaux aux jeunes. L’écart entre promesse et vécu de la marque employeur reste le point de vigilance : des contenus produits par les salariés n’ont de crédit que s’ils reflètent le quotidien réel.
À surveiller
Les résultats chiffrés de DistriStories (audience, candidatures, embauches) ne figurent pas dans les extraits consultés. Il reste à voir si d’autres enseignes du secteur étendront ce modèle, alors que les recruteurs interrogent aussi l’évolution de leurs outils, comme le montre un baromètre sur le recrutement en 2040.


