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Recrutement de cadres dirigeants : l’IA outille, le jugement humain décide

Par RH News · Publié le septembre 8, 2026

Philippe Perret, vice-président France & Luxembourg de LHH Recruitment Solutions, a publié début septembre 2026 dans Actuel RH une tribune sur le recrutement des cadres dirigeants. Il y soutient que l’intelligence artificielle transforme les méthodes de sourcing et d’évaluation sans se substituer au jugement humain dans la décision finale. Cette prise de position fait écho à l’étude annuelle de l’Apec publiée en 2026, qui relève à la fois un recul des tensions de recrutement sur les cadres et une intégration croissante de l’IA dans les pratiques RH.

Ce que dit le texte

Selon Philippe Perret, l’IA traite des volumes de données inaccessibles à un recruteur humain et objective certains critères d’évaluation, mais elle ne détecte ni l’hésitation d’un candidat en entretien ni les signaux faibles d’un discours trop lissé. Le recrutement d’un dirigeant reste selon lui une décision relationnelle, fondée sur la vérification des réalisations passées et le retour des équipes précédentes, davantage que sur un CV.

Il ajoute que le recruteur doit désormais connaître le secteur et les enjeux de transformation de l’entreprise cliente, au-delà de la seule fiche de poste, pour être en mesure de conseiller un comité de direction sur le profil de leader adapté à un contexte incertain.

Chiffres-clés

  • Apec (2026) : 49 % des entreprises signalent des difficultés de recrutement de cadres en 2025, contre 64 % en 2022.
  • Apec (2026) : la moitié des cadres utilisent au moins un outil d’IA chaque semaine, soit +15 points en un an.
  • Apec (2026) : 53 % des grandes entreprises comptent renforcer le poids des compétences en IA dans leurs futurs recrutements de cadres.
  • CNIL : le recrutement figure parmi les thématiques prioritaires de contrôle 2026, avec un focus sur les outils de tri automatisé.

Ce que ça change pour les employeurs

Pour les directions RH, cette tribune rejoint le cadre posé par la CNIL, qui rappelle dans son guide recrutement que toute recommandation produite par un outil d’IA doit rester indicative et faire l’objet d’un réexamen humain avant tout rejet de candidature. Les cabinets de conseil en recrutement, via Syntec Conseil, ont formalisé une exigence comparable dans un manifeste appelant à un usage encadré de l’IA, sans substitution aux entretiens humains.

Pour les comités de direction, le message pratique est de documenter la part d’IA dans le processus de sélection d’un dirigeant et de conserver une trace de l’évaluation humaine finale, notamment en cas de contrôle CNIL ou de contestation d’un candidat écarté.

À surveiller

Les contrôles CNIL annoncés pour 2026 cibleront en priorité les grandes entreprises et les cabinets de recrutement sur l’usage des outils de tri automatisé. Le règlement européen sur l’IA classe par ailleurs les systèmes de recrutement automatisés parmi les usages à haut risque, avec des obligations de transparence et de supervision humaine dont l’application se précisera au fil des prochains mois.

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