Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco se réunit le 14 octobre 2026 pour fixer la valeur de service du point applicable au 1er novembre, et donc le niveau de revalorisation des pensions complémentaires versées à 14 millions de retraités du secteur privé. La valeur de référence, calculée à partir de l’inflation hors tabac estimée par l’Insee, s’établit à 1,6 %, dans une fourchette théorique comprise entre 1,2 % et 2 %. Après une année 2025 sans aucune hausse, les cinq organisations syndicales représentatives au conseil d’administration espèrent obtenir une revalorisation effective, même si elles restent divisées sur son ampleur.
Le mécanisme
La règle de pilotage du régime prévoit que la valeur du point soit ajustée chaque année sur la base de la prévision d’inflation hors tabac de l’Insee, avec une marge de manœuvre de plus ou moins 0,4 point laissée au conseil d’administration. Selon les dernières prévisions de l’institut, publiées le 10 septembre 2026, l’inflation moyenne annuelle est attendue à 2,1 % sur l’ensemble de 2026, et à 2 % hors tabac, ce qui fixe la valeur de référence à 1,6 %.
Le 17 octobre 2025, le conseil d’administration n’était pas parvenu à un accord : les syndicats réclamaient d’abord 1 %, puis 0,8 %, tandis que le patronat ne proposait pas plus de 0,2 %. Faute de consensus, la valeur du point était restée gelée à 20,1877 euros. Les discussions ont repris le 5 mai 2026, les cinq syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) demandant un rattrapage compris entre 0,6 % et 1 %.
| Date | Étape | Résultat / position |
|---|---|---|
| 17/10/2025 | Conseil d’administration | Désaccord ; gel de la valeur du point à 20,1877 € |
| 05/05/2026 | Reprise des discussions | Syndicats : rattrapage de 0,6 à 1 % demandé |
| 10/09/2026 | Prévisions Insee | Inflation 2026 estimée à 2,1 % (2 % hors tabac) |
| 14/10/2026 | Conseil d’administration | Décision sur la valeur du point 2026 |
| 01/11/2026 | Entrée en vigueur | Application de la revalorisation aux pensions |
Ce que ça change pour les employeurs
La revalorisation des pensions complémentaires ne modifie pas directement les cotisations patronales ni le calcul de la paie des actifs. Elle affecte en revanche les simulateurs de départ à la retraite mis à disposition des salariés proches de la liquidation, ainsi que les échanges entre services RH et salariés seniors qui anticipent leur pension nette. Les services paie et RH devront actualiser leurs supports de communication dès la publication du taux retenu par le conseil d’administration.
Le dossier s’inscrit par ailleurs dans un climat d’incertitude plus large sur les régimes de retraite : les organisations patronales (Medef, CPME, U2P) justifient leur position prudente par l’annonce d’une suspension des réformes Touraine et Borne, évoquée par le Premier ministre, qui pèse selon elles sur la trajectoire financière à moyen terme du régime. Les services RH suivant des dossiers retraite pour leurs salariés ont intérêt à surveiller ce paramètre avant de communiquer sur des projections de long terme.
À surveiller
La décision du conseil d’administration du 14 octobre 2026 déterminera le taux effectif applicable au 1er novembre. La CGT réclame une hausse de 2 %, jugeant que le régime, qui a clôturé 2025 avec un excédent de 1,4 milliard d’euros et des réserves de 91,2 milliards d’euros, en a les moyens. La CFDT demande un « effort substantiel » après l’année blanche de 2025, chiffrant à 0,6 % une revalorisation qu’elle juge compatible avec l’équilibre du régime sur quinze ans. Le patronat, de son côté, ne propose pour l’instant que 0,2 %. Reste à savoir si le conseil retiendra la valeur de référence de 1,6 % ou un compromis plus proche des positions patronales.
Ce dossier s’inscrit dans le débat plus large sur l’avenir des retraites, alimenté par le rapport des garants de la conférence TER remis le 16 septembre, et par les arbitrages budgétaires que Sébastien Lecornu doit encore trancher, détaillés dans notre article sur le budget 2027 et le « pacte Papin ».


