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IA en entreprise : Schneider Electric formalise un accord de dialogue social jusqu’en 2028

Par RH News · Publié le juillet 17, 2026

Schneider Electric a conclu un accord de groupe encadrant le déploiement de l’intelligence artificielle au sein de ses entités françaises. Valable jusqu’au 31 décembre 2028, ce texte structure le sujet autour de quatre axes : supervision humaine, prévention des risques liés à l’IA, développement des compétences et anticipation des impacts sur les emplois et l’organisation du travail. FO Schneider, l’un des syndicats signataires, a indiqué signer l’accord tout en restant « exigeant aux conditions de son application ». La CFDT Schneider Electric, de son côté, avait antérieurement dénoncé l’intégration d’outils d’IA sans consultation préalable des organisations syndicales.

Ce que dit le texte

L’accord inscrit l’intelligence artificielle et l’environnement comme deux thèmes permanents du dialogue social au niveau du groupe en France. Il prévoit leur intégration dans les consultations récurrentes — orientations stratégiques, politique sociale, projets ayant un impact significatif sur l’emploi ou la formation. Une Commission Intelligence Artificielle est créée, chargée de suivre les projets en cours et à venir et d’évaluer les outils déjà déployés. À la demande de FO, l’IA sera également incluse dans les travaux de la Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT).

Sur le volet formation, Schneider Electric France inscrit sa stratégie dans une logique dite inclusive, avec quatre piliers : inclusion numérique, digital pour tous, développement de l’expertise et reconversion vers les métiers du digital. Les formations sont accessibles via la plateforme interne MyLearningLink. L’accord intègre en outre une réflexion sur les enjeux de sobriété énergétique et de santé, obtenue à l’initiative de FO lors des négociations.

Sur le fond, l’accord Schneider Electric s’inscrit dans un périmètre plus large que certains textes sectoriels : il ne se limite pas à un accord spécifique IA, mais intègre ces dispositions dans la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP). Cette approche est partagée par d’autres groupes comme Decathlon, tandis qu’Orange, Metlife Europe, AXA France ou BPCE ont opté pour des accords dédiés à l’IA.

Le mécanisme

Axe de l’accord Contenu Instance associée
Supervision humaine Maintien d’un contrôle humain sur les décisions assistées par IA Commission IA de groupe
Prévention des risques Évaluation des risques liés au déploiement des outils IA (intensification, déqualification) CSSCT
Développement des compétences Formation inclusive via MyLearningLink (4 piliers : inclusion, digital, expertise, reconversion) Commission formation / CSEc
Impact sur l’emploi Anticipation des transformations organisationnelles et des métiers exposés Consultations GEPP
Sobriété énergétique et santé Réflexion intégrée sur les impacts environnementaux et sanitaires de l’IA Commission Environnement de groupe
Source : FO Schneider Electric, CFDT Schneider Electric, mai 2026

Ce que ça change pour les employeurs

Pour les directions des ressources humaines et les équipes juridiques, cet accord constitue un modèle de gouvernance IA négocié : il impose une traçabilité des projets déployés, une consultation préalable des instances représentatives du personnel et une évaluation régulière des outils existants. La création d’une commission dédiée implique une charge de reporting accrue pour les équipes RH et DSI, qui devront documenter les usages, les impacts constatés et les indicateurs de suivi à intervalles réguliers.

Le timing n’est pas anodin. L’AI Act européen prévoit une application complète de ses obligations aux systèmes d’IA à haut risque — dont ceux utilisés dans l’emploi et la gestion des travailleurs — à compter du 2 août 2026, date maintenue par la Direction générale des Entreprises malgré les discussions en cours sur un report partiel au 2 décembre 2027 dans le cadre du « Digital Omnibus ». Les obligations de surveillance humaine figurent explicitement parmi les exigences imposées aux déployeurs de systèmes à haut risque. Un accord de groupe tel que celui de Schneider Electric peut constituer un élément de démonstration de conformité, sans pour autant s’y substituer.

À surveiller

La dynamique de négociation sur l’IA s’accélère dans les grandes entreprises françaises : la MAIF a signé en mai 2026 un accord unanime avec six organisations syndicales, Bpifrance a conclu un accord de méthode en mars, et des négociations sont en cours dans la fonction publique d’État. Le ministère du Travail a, par ailleurs, indiqué lors de l’Université de l’ANDRH en juin 2026 qu’un plan national de formation à l’IA, ciblant quinze millions de professionnels, serait présenté à la rentrée 2026. Pour Schneider Electric, la prochaine échéance sera le premier bilan de la Commission IA nouvellement créée, dont les modalités de réunion restent à préciser dans les textes d’application de l’accord.

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