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Agirc-Arrco : la revalorisation des retraites complémentaires fixée à 1,4 % au 1er novembre

Par RH News · Publié le 15 octobre 2026

Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco, réuni le 14 octobre 2026, a arrêté la revalorisation des pensions complémentaires du secteur privé à 1,4 %, applicable au 1er novembre 2026. Un taux inférieur à l’inflation de 2 % anticipée par l’Insee pour l’année, voté par les trois organisations patronales et trois syndicats (CFDT, CFTC, FO), contre l’avis de la CGT qui a voté contre et de la CFE-CGC qui a quitté les discussions. La décision, dont les syndicats abordaient la préparation avec optimisme fin septembre, met fin au gel inédit du 1er novembre 2025 et concerne 14 millions de retraités du privé.

Le mécanisme

L’accord national interprofessionnel (ANI) du 5 octobre 2023, qui encadre la revalorisation du point Agirc-Arrco jusqu’en 2026, fixe une valeur de référence égale à l’inflation hors tabac prévue par l’Insee, diminuée d’un « facteur de soutenabilité » de 0,4 point, avec une marge d’ajustement de ±0,4 point laissée au conseil d’administration. Avec une inflation hors tabac anticipée à 2 % pour 2026, la valeur de référence ressortait à 1,6 %, pour une fourchette théorique de 1,2 % à 2 % — plafonnée dans les faits à 1,9 %, niveau de la hausse moyenne des salaires anticipée pour l’année. Le taux de 1,4 % finalement retenu se situe donc dans le bas de cette fourchette. La valeur du point Agirc-Arrco passe mécaniquement de 1,4386 € à 1,4587 €.

Organisation Position
Medef, CPME, U2P (patronat) Pour (1,4 %)
CFDT, CFTC, FO Pour (1,4 %)
CGT Contre (jugé insuffisant)
CFE-CGC A quitté les discussions
Entrée en vigueur 1er novembre 2026
Précédent Gel total au 1er novembre 2025, faute d’accord
Source : Agirc-Arrco, Moneyvox, ToutSurMesFinances.com.

« On aurait aimé une revalorisation plus importante mais on a agi en responsabilité », a résumé Fabien Guimbretière, négociateur CFDT, à l’issue du vote. Côté CGT, les discussions avaient été abordées en exigeant une hausse de 2 %, la représentante de l’UCR-CGT Cathy Tran-Phung-Co jugeant par avance « inacceptable » tout taux inférieur à l’inflation — ce qui a été le cas.

Ce que ça change pour les employeurs

La revalorisation ne touche pas la paie des salariés en activité : elle s’applique aux pensions déjà liquidées des 14 millions de retraités ayant cotisé au régime complémentaire du privé, hors DSN de l’entreprise. Les services RH et paie qui accompagnent des salariés en fin de carrière doivent toutefois intégrer sans délai le taux de 1,4 % et la nouvelle valeur du point (1,4587 €) dans leurs outils de simulation de départ à la retraite — un exercice qui s’articule avec la hausse anticipée de 1,7 % du plafond de la Sécurité sociale pour 2027, autre paramètre clé des simulations retraite. L’accord de gouvernance de 2023 qui encadre cette formule arrive à échéance le 31 décembre 2026 : une nouvelle négociation entre partenaires sociaux doit s’ouvrir sur les règles de revalorisation applicables à partir de 2027, dans un contexte de réserves financières élevées (plus de 90 milliards d’euros, soit environ dix mois de prestations) mais de tensions sociales ravivées par deux années consécutives de hausses inférieures à l’inflation.

À surveiller

Le gel de 2025 fait l’objet d’une contestation devant la justice : un jugement est attendu le 8 décembre 2026. Une décision défavorable à l’Agirc-Arrco pourrait rouvrir le débat sur l’indemnisation des retraités privés de revalorisation l’an dernier. En parallèle, l’exécutif prépare pour 2027 un gel ou une sous-indexation des pensions de base au-delà de 1 260 €, mesure distincte de celle de l’Agirc-Arrco mais qui alimente la même contestation sur le pouvoir d’achat des retraités.

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