La masse salariale du secteur privé a progressé de 0,3 % au deuxième trimestre 2026, contre 0,5 % au premier trimestre, selon les indicateurs de l’Urssaf. Sur un an, la hausse ralentit à 1,4 %, après 1,6 % au trimestre précédent. Ce repli intervient alors que l’emploi salarié reste quasi stable sur la période, avec un léger recul de 0,1 % relevé par l’Insee. Le ralentissement contraste avec l’évolution du salaire de base, qui continue de son côté à progresser plus vite que l’inflation, selon la Dares.
Ce que dit le texte
L’indicateur Urssaf mesure la masse salariale soumise à cotisations dans le secteur privé, hors fonction publique et agriculture. Il agrège à la fois l’effet des hausses de rémunération et celui des créations ou destructions d’emplois. Sa décélération au deuxième trimestre reflète donc autant le tassement de l’emploi que la modération salariale proprement dite.
Un autre indicateur, publié par la Dares, mesure spécifiquement le salaire mensuel de base (SMB), indépendamment de l’effet emploi : il progresse de 0,7 % sur le trimestre et de 2,0 % sur un an, après 1,7 % au premier trimestre, un rythme supérieur à l’inflation annuelle. L’Insee relève de son côté une hausse des salaires horaires de 2,3 % sur un an au deuxième trimestre, après 2,0 % au trimestre précédent. Les trois séries ne mesurent donc pas la même réalité : la masse salariale globale ralentit, tandis que le taux de salaire individuel continue de progresser.
| Indicateur | 1er trimestre 2026 | 2e trimestre 2026 |
|---|---|---|
| Masse salariale privée (variation trimestrielle, Urssaf) | +0,5 % | +0,3 % |
| Masse salariale privée (sur un an, Urssaf) | +1,6 % | +1,4 % |
| Salaire mensuel de base (sur un an, Dares) | +1,7 % | +2,0 % |
| Salaires horaires (sur un an, Insee) | +2,0 % | +2,3 % |
| Emploi salarié (Insee) | stable | -0,1 % |
Ce que ça change pour les employeurs
Pour les directions RH et paie, l’écart entre ces indicateurs impose de distinguer effet emploi et effet salaire dans le pilotage de la masse salariale budgétée pour 2027. Un ralentissement de la masse salariale globale ne signifie pas mécaniquement une modération des augmentations individuelles : selon l’observatoire des rémunérations du cabinet LHH, les entreprises maintiennent un budget médian d’augmentation de 2 % pour 2026, contre 2,1 % en 2025, mais redistribuent l’enveloppe. La part consacrée aux augmentations générales est passée d’environ 80 % en 2022-2023 à 50 % aujourd’hui, au profit d’augmentations individuelles plus ciblées par métier ou par catégorie.
Les négociations annuelles obligatoires (NAO) reflètent cette bascule : les premiers accords signés pour la fin de l’année confirment des hausses plus faibles et plus sélectives, plutôt que des augmentations générales uniformes pour l’ensemble des effectifs.
À surveiller
La CFDT et la CGT réclament la réouverture de négociations salariales, estimant que les hausses accordées ne compensent pas suffisamment l’évolution du coût de la vie. Les deux organisations demandent que les allégements de cotisations patronales soient conditionnés à des engagements sur les salaires. Les prochains indicateurs Urssaf et les résultats définitifs de la Dares pour le troisième trimestre, attendus en fin d’année, permettront de vérifier si le ralentissement de la masse salariale se prolonge ou s’explique avant tout par le tassement de l’emploi.
Ce ralentissement confirme la tendance observée ces derniers mois, avec l’emploi salarié privé, qui enregistre un sixième trimestre de baisse sur un an et un taux de chômage à 8,3 % au 2e trimestre 2026, sixième hausse consécutive selon l’Insee.


