3,29 millions de personnes restent inscrites en catégorie A à France Travail au premier trimestre 2026, selon les chiffres publiés par la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES). Sur le trimestre, le recul atteint 1,2 %. Sur un an, l’évolution est de -0,2 %, soit 4 000 inscrits de moins.

Une baisse contrastée selon les catégories
Les catégories A, B et C cumulées (demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, avec ou sans activité) s’établissent à 5,46 millions de personnes au T1 2026, en baisse de 0,8 % sur le trimestre. La catégorie A, qui ne comprend que les personnes sans aucune activité, recule plus fortement (-1,2 %), tandis que les catégories B et C (activité réduite) sont stables.
La DARES note que « le recul de la catégorie A s’explique partiellement par des bascules en catégorie E (formation, contrats aidés) liées au déploiement de la loi pour le plein emploi ».
Effets de la loi pour le plein emploi
La loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi est entrée pleinement en application au 1er janvier 2025. Elle a instauré l’inscription automatique à France Travail des bénéficiaires du RSA, des jeunes accompagnés par les missions locales et des travailleurs handicapés suivis par Cap emploi.
Cette inscription automatique a mécaniquement gonflé le stock de demandeurs d’emploi inscrits sans pour autant correspondre à une dégradation du marché du travail. Pour neutraliser cet effet statistique, la DARES publie systématiquement deux séries :
- La série brute (légère hausse ou stabilité selon les trimestres) ;
- La série corrigée des effets de la loi plein emploi, qui montre une baisse de 1,8 % sur le T1 2026 et de 1,7 % sur un an.
La seconde série est jugée plus représentative de la dynamique réelle de l’emploi.
Dynamiques territoriales
Toutes les régions affichent une baisse de la catégorie A sur le trimestre, à l’exception de la Corse (+0,4 %) et de l’Île-de-France (-0,3 %, baisse atténuée). Les Hauts-de-France, qui concentrent historiquement les plus forts taux de chômage, enregistrent une baisse de 1,6 %. La Bretagne, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine affichent les meilleures performances avec des baisses comprises entre -1,8 % et -2,2 %.
Décret du 13 juin 2025 sur les radiations
La DARES rappelle qu’un décret du 13 juin 2025 a profondément modifié les règles de radiation : suspension immédiate des allocations en cas d’absence à un rendez-vous obligatoire, doublement de la durée de radiation en cas de récidive. Ce décret a contribué à accélérer les sorties pour radiation au S2 2025, dont les effets se prolongent partiellement au T1 2026.
La DARES souligne que « les sorties pour radiation représentent désormais 6,4 % de l’ensemble des sorties, contre 4,1 % avant le décret ».
Lecture employeur
Pour les directions des ressources humaines, le tableau du T1 2026 traduit une tension croissante sur le recrutement dans plusieurs secteurs : santé, bâtiment, hôtellerie-restauration, métiers de l’industrie. Le rapport activité-emploi reste favorable aux candidats sur ces filières.
La publication INSEE du taux de chômage BIT du T1 2026 est attendue le 15 mai 2026 et permettra une lecture complémentaire (la méthodologie BIT diffère de celle de France Travail).
Calendrier des prochaines publications
- Note T2 2026 DARES : prévue fin juillet 2026 ;
- Taux chômage BIT INSEE T2 2026 : prévu mi-août 2026 ;
- Indicateurs emploi cadres Apec : publication mensuelle.
DARES, « Demandeurs d’emploi inscrits à France Travail au 1er trimestre 2026 », note publiée fin avril 2026.
Consulter le dossier sur dares.travail-emploi.gouv.fr
Qu’est-ce que la catégorie A des demandeurs d’emploi ?
La catégorie A regroupe les demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi qui n’ont exercé aucune activité durant le mois. Les catégories B et C concernent ceux ayant exercé une activité réduite (moins de 78 heures ou plus de 78 heures dans le mois). La D regroupe les non-disponibles (formation, maladie). La E regroupe les non-tenus de rechercher un emploi (contrats aidés, créateurs d’entreprise).
Pourquoi la DARES publie-t-elle deux séries (brute et corrigée) ?
Depuis l’entrée en vigueur de la loi pour le plein emploi au 1er janvier 2025, l’inscription à France Travail est automatique pour certaines catégories (bénéficiaires RSA notamment), ce qui gonfle artificiellement le stock de demandeurs d’emploi. Pour permettre une lecture comparable dans le temps, la DARES publie une série « corrigée » qui isole l’effet statistique de cette mesure.
Quelle différence entre les chiffres DARES et le taux de chômage INSEE ?
La DARES compte les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail (concept administratif), publication mensuelle. L’INSEE mesure le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), via une enquête trimestrielle Emploi. Les deux concepts mesurent des réalités proches mais distinctes. Le taux BIT est généralement un peu inférieur au taux administratif.



