Plus d’un professionnel RH sur deux déclare terminer souvent, voire très souvent, sa journée émotionnellement épuisé. Le chiffre, de 57 %, provient de l’étude « Qui prend soin des RH ? », état des lieux 2026 de la santé mentale de la fonction, porté par l’éditeur de bien-être au travail EGYM Wellpass. Actuel RH l’a relayé le 21 octobre 2026. L’enquête repose sur 434 répondants.
Ce que dit l’étude
L’enquête est participative : les 434 professionnels RH ont répondu volontairement. Les organisateurs précisent que les résultats ne représentent pas l’ensemble de la fonction et ne constituent pas un diagnostic. La période de collecte et la date exacte de publication ne sont pas indiquées sur la page de l’étude.
Trois indicateurs sont mesurés, sur la base de réponses « souvent » ou « très souvent » : l’épuisement émotionnel en fin de journée, la difficulté à décrocher mentalement hors horaires de travail, et le report ou la suppression de pauses. Plus d’un répondant sur deux (55 %) cumule au moins deux de ces situations, et 27 % les trois. Par ailleurs, 36,6 % jugent leur bien-être au travail plutôt mauvais ou très mauvais.
| Indicateur (« souvent » ou « très souvent ») | Part des répondants |
|---|---|
| Fin de journée émotionnellement épuisé | 57 % |
| Difficulté à décrocher hors horaires | 56 % |
| Pause reportée ou supprimée | 49 % |
| Cumul d’au moins deux situations | 55 % |
| Cumul des trois situations | 27 % |
| Bien-être jugé plutôt ou très mauvais | 36,6 % |
Ce que ça change pour les employeurs
L’étude n’a pas de portée normative, mais elle porte sur ceux qui pilotent la prévention dans l’entreprise. L’article L. 4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des travailleurs : actions de prévention, information et formation, organisation et moyens adaptés. La fonction RH est elle-même salariée et relève de cette obligation.
L’INRS range les exigences émotionnelles parmi les six familles de facteurs de risques psychosociaux, aux côtés de l’intensité du travail, du manque d’autonomie, des rapports sociaux dégradés, des conflits de valeurs et de l’insécurité de la situation de travail. Elles recouvrent la nécessité de maîtriser, cacher ou simuler ses émotions. Pour les directions, cela suppose de faire figurer les équipes RH dans l’évaluation des risques du document unique, au même titre que les autres services. La charge de la fonction est par ailleurs alimentée par l’actualité réglementaire et sociale, comme le projet de loi sur la transparence salariale ou la mise en œuvre de dispositifs d’urgence tels que l’activité partielle après les violences des 17 et 18 octobre. L’étude ne mesure toutefois pas le lien entre ces sujets et les chiffres relevés.
À surveiller
Les résultats détaillés ont été présentés lors d’un webinaire de restitution le 13 octobre 2026. Les organisateurs n’ont pas communiqué de méthodologie complète, ni de ventilation par taille d’entreprise ou par poste. Faute d’échantillon représentatif, ces données ne permettent pas de comparaison avec d’autres enquêtes sur la santé mentale des RH. À suivre : la publication éventuelle d’un volet méthodologique et la reprise du sujet par les partenaires sociaux, alors que la discussion du PLFSS 2027 à l’Assemblée nationale mobilise déjà les services RH et paie.


