Le ministère du Travail a confirmé, fin juillet, que les modalités de sa réforme du compte personnel de formation (CPF) seront discutées avec les partenaires sociaux lors de concertations prévues en septembre 2026. Cette précision fait suite à l’annonce, le 16 juillet, par le ministre Jean-Pierre Farandou, de vouloir soumettre chaque mobilisation du CPF à une vérification préalable de sa cohérence professionnelle — un changement de philosophie qu’il résume en une formule : faire passer le « P » de CPF de « personnel » à « professionnel ».

Ce que propose le ministre
Dans un entretien aux Échos le 16 juillet 2026, Jean-Pierre Farandou a détaillé le principe : avant chaque utilisation du CPF, la cohérence du projet de formation avec les évolutions professionnelles souhaitées par le salarié, et son réalisme au regard du marché du travail, devraient être validés par un tiers. Deux circuits sont envisagés. Lorsque la formation se déroule sur le temps de travail, la validation reviendrait à l’employeur. Dans tous les autres cas — formation suivie hors temps de travail, demandeurs d’emploi, indépendants — elle serait confiée à un opérateur de conseil en évolution professionnelle (CEP) : Apec, France Travail, missions locales ou Cap emploi selon les publics. Le ministre justifie cette bascule par un objectif d’économies budgétaires pour 2027, tout en assurant vouloir préserver les crédits de l’apprentissage.
| Date | Événement |
|---|---|
| 16 juillet 2026 | Annonce initiale de J.-P. Farandou (Les Échos) : vérification préalable, CPF « professionnel » |
| 21 juillet 2026 | La CFDT demande l’abandon du projet et une « véritable concertation » |
| 27 juillet 2026 | Le ministère précise ses intentions et annonce des concertations |
| Septembre 2026 | Concertations avec les partenaires sociaux sur les modalités concrètes |
Ce que ça change pour les employeurs
Si le circuit « employeur » est retenu tel quel, les services RH et formation hériteraient d’un rôle de validation qu’ils n’ont pas aujourd’hui : juger, au moment de la demande, si une formation suivie sur le temps de travail est cohérente avec le parcours professionnel du salarié. Les critères d’appréciation restent à définir — c’est précisément l’un des points renvoyés aux concertations de septembre, avec le calendrier d’entrée en vigueur et le périmètre exact du dispositif. Pour les organismes de formation, l’enjeu est différent : une validation en amont pourrait ralentir les inscriptions, dans un contexte déjà marqué par un resserrement des financements de la formation professionnelle — l’OPCO Akto a par exemple suspendu mi-2026 le financement du plan de développement des compétences dans huit branches — et par une contraction du nombre de formations financées par le CPF observée sur 2025. Les employeurs n’ont, à ce stade, aucune obligation nouvelle à anticiper : aucun texte réglementaire n’a encore été publié.
À surveiller
La CFDT a demandé dès le 21 juillet l’abandon du projet, réclamant un CPF « libre, personnel et au service de l’émancipation professionnelle des travailleurs » — un signal de tension pour les concertations de septembre. Le calendrier budgétaire pèsera aussi sur l’issue du dossier : le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté à l’automne, et la formation professionnelle y figure déjà parmi les postes recherchés pour des économies. Reste que le CPF s’inscrit aussi dans un écosystème en recomposition, aux côtés du Passeport de compétences lancé fin juin, dans un contexte où le financement de la formation professionnelle se resserre sur plusieurs fronts — à commencer par les niveaux de prise en charge de l’apprentissage, révisés au 1er septembre. RH News suivra les modalités concrètes qui sortiront de ces concertations, et leur éventuelle traduction réglementaire.



